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SEMAINE SPECIAL EQUIPE de FRANCE FUTSAL

28 octobre 2010 - 09:30

Interview Fernando Da Cruz, ex capitaine de l'équipe de France

 Entretien avec Fernando Da Cruz, capitaine emblématique de l’équipe de France de 1998 à 2006. De son poste au sein du LOSC, il revient sur cette aventure internationale et livre sa vision pertinente du futsal Français. Un discours sans faux semblant.

 

«Les exemples de nations compétitives en foot à 11 et également en futsal sont nombreux»

 

Vous souvenez vous du jour de votre première sélection en Equipe de France de Futsal ?

C’était en Italie pour des éliminatoires du championnat d’Europe en Novembre 1998 [1]. C’était les débuts de l’équipe de France. J’étais joueur de football en ligue dans le nord à ce moment, j‘ai été détecté alors que je jouais avec le club de Canal Sport Roubaix. Nous jouions déjà dans un petit championnat, qui n’était pas encore un championnat régional. J’ai participé comme tout le monde à un stage de présélection qui regroupait une trentaine de joueurs au terme duquel une sélection de 14 joueurs partait en Italie pour les éliminatoires.

 

Comment en êtes vous devenu le capitaine ?

Je deviens capitaine l’année suivante lorsque nous partons pour la Tiger cup. Je remplaçais Frédéric Duponchel, il était blessé pour cette compétition. Je pensais prendre le brassard provisoirement et finalement je l’ai gardé 8 ans. Stéphane Basson m’a succédé.

 

«On galérait en terme de résultats mais je n’ai pas le souvenir que l’équipe ait lâché un match»

 Portez le brassard d’une équipe de France doit avoir quelque chose de spécial. A quoi pensiez-vous lorsque vous enfiliez ce brassard ?

La fierté, c’est de porter le maillot. C’est quelque chose d’exceptionnel pour des joueurs qui n’ont pas eu la chance de devenir professionnel dans leur discipline. Il y avait aussi le fait de rencontrer les meilleurs joueurs de futsal de la planète. Ensuite être capitaine, ça voulait dire être un bon relais pour les deux sélectionneurs que j’ai connu James Doyen puis Pierre Jacky. Je n’étais pas le meilleur joueur du groupe. Je pense que j’étais un leader moral et tactique plus qu’un leader technique.

 

Les résultats de l’équipe de France n’étaient pas des plus réjouissants. Quel était l’état d’esprit entre les joueurs ? N’y avait-il pas un coté décourageant ?

Ce qui était décourageant, c’était la fin de match. On a pris quelques valises et derrière il fallait se remobiliser car on jouait tous les deux jours et il n’était pas question de lâcher. Mais c’est une période où l’état d’esprit était fantastique. On galérait en terme de résultats mais je n’ai pas le souvenir qu’à un moment donné sur un match nous avons lâché quoique ce soit pendant toutes ces années le groupe a toujours été au maximum de ce qu’il pouvait faire. On ne lâchait pas.

 

Quand vous rencontriez des équipes, qu’est ce qui était le plus dur ?

Les matchs avaient souvent la même physionomie. Nous tenions la première mi-temps parce qu’il y avait de la fraicheur physique. En revanche, à force de nous user, on lâchait souvent en 2ème.

Ensuite, nous étions plutôt bien en place derrière mais le problème c’est qu’on passait notre temps à défendre. Le plus dur était pour nous d’avoir des automatismes devant et d’animer le jeu offensif.

 

Est-ce qu’il vous arrivait d’évoquer l’avenir de l’équipe et du futsal entre vous et que pouviez-vous raconter ?

C’était le début donc on entrevoyait un bel avenir.

 

 

 

Et aujourd’hui quelle est votre vision de la discipline ?

Tout dépend des moyens qui y seront consacrés. Aujourd’hui, je pense qu’avec un plan similaire à celui qui a été mis en place pour le football féminin, nous pourrions gagner beaucoup de temps. Au début du futsal, la FFF craignait de perdre des licenciés football en faveur du futsal et donc une espèce de rivalité s’est instaurée. Je reste persuader que ce sont deux disciplines différentes et qu’il ne doit pas y avoir de concurrence. Les exemples de nations compétitives en foot à 11 et également en futsal sont nombreux avec l’Espagne, le Brésil... Donc je pense que c’est un faux problème.

 

«Celui qui ne peut pas réussir en football peut devenir un très bon joueur de futsal et c’est dommage de perdre ces talents»

 

Selon vous, qu’est ce qu’il manque à la France pour que le futsal franchisse un cap ?

Comme je le disais avec un grand plan de développement, nous pourrons améliorer les formations d’entraineurs, l’accueil des joueurs avec une école de futsal, avec un travail de préformation, des sélections de jeunes. Aujourd’hui, il y a un gros chantier sur le développement des jeunes, des arbitres, des entraineurs et surtout sur le fait de donner les moyens aux clubs de se développer. Pour cela, nous avons besoin d’entraineurs à temps plein sur le futsal car aujourd’hui, les gens s’occupent des sélections futsal mais conservent des missions sur le foot à 11. Je pense, de mon humble avis, que ce n’est pas suffisant. Ces personnes là devraient être à 100% sur le futsal comme ce qui a été fait sur le football féminin.

Aujourd’hui, nous avons des pôles espoirs féminins comme à Lievin pourquoi ne pas mettre en place un pole espoir futsal ? Quand je suis arrivé en Equipe de France, j’avais 26 ans et trop de lacunes. Je me suis amélioré un peu techniquement mais je ne me suis pas développé. Alors que pour une discipline spécifique comme le futsal, les jeunes doivent être formés dès le plus jeune âge pour qu’il y ait moins de lacunes à rattraper quand ils ont 20 ou 25 ans. J’ai le sentiment que la crainte dont nous parlions plus haut est toujours présente mais soyons honnêtes, aujourd’hui, un joueur doué pour le football à 11 et doué pour le futsal choisira évidemment le football parce que c’est plus médiatisé et que nous gagnons plus d’argent, c’est clair. En revanche, celui qui ne peut pas réussir en football peut devenir un très bon joueur de futsal et c’est dommage de perdre ces talents.

 

En quoi consistait les discours d’avant match ?

Comme on débutait. Nous rencontrions souvent des équipes professionnelles ou semi-professionnelles donc c’était principalement un message de prudence : éviter les buts, rester soudés, faire corps. Après sur un contre, on espérait toujours marquer un but mais nous n’avions pas les moyens comme d’autres nations d’animer le jeu.

 Quel est votre souvenir le plus mémorable au sein de cette équipe ?

Il y en a deux. Il y a la défaite face au Brésil à Singapour. Nous avons pris... une vraie claque [2], les brésiliens ont même levé le pied en deuxième car ça aurait pu être bien plus lourd. Là, nous avons vraiment pris la mesure de l’écart qu’il pouvait y avoir entre le futsal Français et le futsal étranger.

Ensuite, c’était plus des matchs dans lesquels nous avons frôlé le match nul, comme face à la Roumanie [3] qui est une très bonne nation du futsal à Villeneuve d’Asq, lors d’un tournoi à 4 équipes. On perd sur une erreur d’arbitrage alors que trois mois avant, on avait perdu 6-1 et il n’y avait pas eu photo. Nous avions pu mesurer les progrès réalisés.

 

«Peut-être qu’un jour je vivrais une phase finale internationale dans la peau d’un sélectionneur»

 Est-ce qu’il y a un joueur qui vous a plus marqué que les autres ?

Non pas vraiment mais je me suis toujours très bien entendu avec Stéphane Basson, c’est le joueur dont je me rapprochais le plus d’un point de vue sportif et humain. D’ailleurs, nous sommes vite devenus amis et nous prenons souvent des nouvelles l’un de l’autre.

 Avez-vous un regret quant à cette période ?

Le regret c’est de n’avoir jamais participé à une phase finale internationale. Nous n’avons jamais réussi à nous qualifier. J’aurais aimé vivre ne serait ce qu’un championnat d’Europe ou une coupe du monde. C’est mon regret. Peut-être qu’un jour je le vivrais dans la peau d’un sélectionneur ou entraineur.

 

 

 

Vous aimeriez un jour devenir sélectionneur de l’équipe de France ?

Peut-être pas de l’équipe A mais une équipe de jeunes oui ça me plairait. Je suis un homme de l’extérieur mais je reste un passionné de futsal, je ne m’en détache pas complètement, je reste connecter à la discipline au travers de mes entrainements lors des exercices.

 

Et aujourd’hui qu’êtes-vous devenu ?

Aujourd’hui je suis au LOSC, en tant qu’entraineur adjoint de la CFA, c’est pour ça que je reste connecter aux entrainements et j’utilise régulièrement le futsal lors de mes séances, notamment dans le jeu réduit. J’adapte énormément d’exercices du futsal pour le foot à 11. Il y a plein de choses à prendre du futsal et contrairement à ce qu’on peut penser, il y a beaucoup de points communs entre les deux disciplines.

 

Je vous laisse conclure.

J’en profite juste pour passer un petit bonjour à tous les anciens de l’équipe de France et ceux qui y sont encore et surtout au staff qui n’a pas bougé. C’est l’occasion de les saluer en espérant tous les revoir bientôt.

 

[1] Lors des éliminatoires de la coupe d’Europe en Italie à Reggio Di Calabre du 07 au 10 Novembre 1998, la France avait rencontré la Georgie, La Biélorussie et l’Italie – trois défaites : 4-8, 6-4, 0-8.

[2] Défaite de la France 1-11 lors du match d’ouverture du Tiger Five, l’un des plus grand tournoi international, en Décembre 1999. Le groupe de la France était également constitué de la Malaisie (victoire 2-0), Singapour (victoire 3-1) et de la Corée du Sud (défaite 1-2).

[3] Défaite 1-6 en Novembre 2004, la France s’incline 2-3 face à la Roumanie lors d’un tournoi international organisé à Villeneuve d’Asq en mars 2005 auquel participaient également la Finlande et l’Angleterre. La France termine deuxième du tournoi en battant notamment les Anglais 5-2.

 

 

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